Au 17ème jour de la guerre entre le Hezbollah et le Liban, l'opinion de certains pays arabes vis à vis du combat mené pour le mouvement chiite libanais a quelque peu changée.
Dès les premiers jours du conflit, des pays proches des américains ou à dominante sunnite on pris leur distance avec la capture par le Hezbollah de deux militaires israéliens le 12 juillet, qualifiée d"aventurisme" par L'Arabie Saoudite, la Joranie et L'Egypte. Dans un pays largement dominé par les sunnites et qui est allié des Etats-Unis comme l'Arabie saoudite, prendre position publiquement pour un mouvement chiite considéré comme une organisation terroriste par l'Europe et les Etats-Unis peut poser problème. Mais au fur et à mesure de l'avancée du conflit et des images de plus en plus violentes révélant l'état de destruction du Liban et des centaines de morts parmi la population civile libanaise, les positions des pays arabes environnant semblent bouger. Ce changement est d'autant plus renforcé par la résistance "héroïque" depuis deux semaines du Hezbollah, qui contraint l'armée israélienne à une guerre de guérilla. Cette résistance acharnée menée par son très charismatique leader Hassen Nasrallah semble souder progressivement une partie grandissante des pays arabes derrière cette "guerre contre l'Occident". Ainsi, le parti d'opposition en Egypte n'hésite pas à comparer Nasrallah à Gamal Abdel Nasser, ancien président d'Egypte et longtemps chef de file du monde arabe et l'Arabie Saoudite prend ses distances vis à vis des Etats-Unis, qui cherchent à retarder la déclaration immédiate d'un cessez le feu. "Si la paix est rejetée à cause de l'arrogance d'Israël, alors il ne restera que la guerre comme option, et personnes ne connaît les répercutions qu'elle aura dans toute la région, y compris une guerre n'exclant personne". A noter que le roi de Jordanie a annoncé l'envoi d'une aide médicale d'urgence aux populations du Liban. Enfin, même le groupe Al-Quaeda par l'intermédiaire de son numéro deux Ayman al-Zawahri a pris position publiquement en faveur du Hezbollah en arguant du fait que le combat mené en Irak était sensiblement le même de celui mené en Palestine. On peut dès lors s'interroger sur cette tentative de récupération du succès que connaît en ce moment Nasrallah par une nébuleuse dominée par des sunnites.
Il apparaît donc que ce conflit, loin de séparer les différentes communautés musulmanes du monde arabe, soude sunnites et chiites derrière le même combat contre Israël qui semble de plus déjà avoir perdu la bataille de l'image suite au carnage de Quana.
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