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Mardi 1 août 2006

Le conseil de sécurité de l'ONU s'est finalement mis d'accord lundi 31 juillet sur le délai d'un mois accordé à Téhéran pour qu'il suspende son programme nucléaire, faute de quoi des sanctions pourraient être appliquées.
La résolution parainée par la France et la Grande-Bretagne et l'Allemagne a été adoptée par 14 voies contre 1, celle du Qatar. Le fait nouveau est que le conseil, en vertu de l'article 41du chapitre 7, pourra "adopter des mesures appropriées pour persuader l'Iran de se conformer à la résolution". Ces mesures ne concernent pas l'utlisation de la force armée mais touchent à de possibles mesures coercitives économiques comme la limitation des importations d'Iran. Ces décisions devront toutefois être soumises au préalable à un nouveau vote du conseil. De son côté, l'Iran maintient sa décision pour le 22 août.

La crise nucléaire iranienne remonte à la découverte à Natanz d'un site d'enrichissement d'uranium. Une médiation a alors été mise en place entre l'Iran et "l'UE 3", comprenant la France, la Grande Bretagne et l'Allemagne. En août 2005, l'Iran suspendait ses relations pour briser les scellés de plusieurs centres de recherche nucléaire en janvier 2006. Le dossier avait ensuite été transmis en mars de l'AIEA au conseil de l'ONU. Tout au long des pourparlers entre l'Iran et le quartet (UE, Etats-Unis, Russie, Chine), la Russie et la Chine avaient tout fait pour éviter des sanctions à l'encontre de Téhéran. Finalemenmt, ils s'y sont finalement ralliés ce lundi.

Pourquoi cette obstination? D'une part, ces pays entretiennent des relations économiques avec la république islamique: par exemple la Russie vend des armes à l'Iran et construit un réacteur à eau lourde à Busher. D'autre part, L'Iran est un des producteurs de pétrole les plus importants au monde et les pays "occidentaux" pourraient craindre une éventuelle hausse des prix du pétrole décidée par le régime des mollahs en réponse à d'éventuelles sanctions. Enfin, L'Iran est un pays majeur du Moyen-Orient et peut être une source de déstabilisation de la zone qui est déjà le théâtre d'affrontement entre Israël et le Liban. De par son lien avec la Syrie et le Hezbollah au Liban, L'Iran est un acteur incontournable du Moyen-Orient et on ne peut pas faire comme si il n'existait pas.

Pour ce qui est de la volonté affichée haut et fort par Téhéran de d'utiliser la technologie du nucléaire à des fins civiles, le débat est posé. Je vous invite à y prendre parti avec vos commentaires. D'un côté, avec Israël, le Pakistan et la Corée du Nord détenteurs de l'arme  nucléaire et n'ayant pas ratifié le TNP (Traité de Non Prolifération nucléaire), la requête de Téhéran peut sembler légitime. Cependant, l'Iran a à sa tête M. Amadinejad, un islamiste ultra-conservateur et qui affiche sans ambiguïté ses prétentions en politique étrangère en voulant "rayer Israël de la carte". On peut alors craindre à juste titre l'utilisation que ferait l'Iran de l'arme atomique...

Par Ramico - Publié dans : International
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