C'est le 17 juillet qu'est sorti le dernier livre de Nicolas Sarkozy Témoignage (XO éditions), date qui avait été repoussée pour cause d'intervention télévisée de Jacques Chirac le 14 juillet, un signe de rapprochement entre les deux hommes dont les relations ont été tendues? Cet ouvrage écrit en 4 mois a pour but, selon son auteur, de montrer sa vision de la politique, les valeurs au nom desquelles il prétend la conduire et de dire pourquoi il veut "accéder aux plus hautes responsabilités". Enfin, ce livre se veut "authentique", proche des gens et bien sûr le best-seller de l'été!
Dans un premier temps, l'auteur relate son parcours au sein du gouvernement depuis le "maelstrom" du 21 avril 2002 en tant que ministre de l'Intérieur puis ministre des finances. Il en profite pour présenter sa conception de l'exercice du pouvoir: être "au contact du terrain", devoir "expliquer ce que nous faisons", avoir la "culture du résultat", réfléchir avant d'agir puis une fois la décision prise, s'engager totalement sans hésiter. Puis l'auteur décrit les bonnes actions qu'il a pu entreprendre au sein du gouvernement: sa bataille pour la baisse des prix, son engagement total pour garder en vie Alstom, ses idées pour l'Europe en matière d'immigration, le G5, etc. Ensuite, Sarkozy va systématiquement partir d'un événement négatif pour présenter ses idées: la crise des banlieues? C'est l'occasion de fustiger la pensée unique, les ZEP et de présenter son modèle social fondé sur le travail, le mérite et sur l'initiative. Clearstream? C'est le fonctionnement de l'Etat qui est en cause: il faut responsabiliser le chef de l'Etat, changer le rôle du premier ministre, débattre publiquement de la politique étrangère et de la défense et restaurer enfin le rôle de contre pouvoir du parlement. le CPE? Le décalage entre la France et l'inertie d'une "sphère de l'Etat" n'en est que trop flagrant. Sarkozy présente ensuite, après avoir rappelé la suppression de la double peine, ses idées en politique étrangère ainsi qu'en matière d'immigration, avec notamment l'apologie de la discrimination positive.
C'est la première fois que je lis un ouvrage d'un homme politique, et je dois dire que j'ai du un peux me forcer pour parvenir à son terme! Non pas que la politique en général m'ennuie, bien au contraire, mais parce que j'ai du mal à lire sur des dizaines de pages des soi-disant vérités et appréciations assénées sur un ton qui frise la démagogie. S'entendre dire presque continuellement que la "France d'après" sera l'opposé de la France qui piétine, qui désespère, qui ne croit plus en elle, c'est quelque peu ennuyeux. Enfin, peut-on reprocher à M. Sarkozy ce que tout les hommes politiques font plus ou moins lorsqu'ils publient un livre? Mais quand même, je me sens quelque peu mal à l'aise quand je lis que la caricature (à propos des caricatures de Mahomet) est "utile à la démocratie" est qu'"elle incarne un espace de liberté que la démocratie regretterait beaucoup si on l'entravait". Qui, en effet, a téléphoné a Plantu (caricaturiste dans le journal le Monde entres autres), pour lui demander d'arrêter de le représenter en moustique?? D'autre part, M. Sarkozy s'est plaint qu'on avait beaucoup parlé de ses déboires conjuguaux, ce qui aurait affecté profondément sa vie de couple. Là, c'est un peu fort: prendre cet épisode pour prétendre que maintenant il est plus proche des Français en survécu à des déboires conjuguaux qu'il a lui même a provoqués! M. Sarkozy a dit qu'on ne le reprendrait plus? Bizarrement, il y a quelques semaines en Amazonie, tous les journalistes étaient présents pour suivre le couple en pirogue...M. Sarkozy est modèle d'honnêteté? Qui alors après avoir vu la une du Match présentant Cécilia et son amant a téléphoné à Lagardère pour protester vivement et finalement pour -sûrement- provoquer l'éviction du directeur de l'hebdomadaire Alain Genestar? Cependant, je trouve que certaines idées de M. Sarkozy sont très probantes: je suis d'accord sur la nécessité d'une immigration positive à la française, sur la responsabilisation du chef de l'état, sur la fin du monopole du chef de l'Etat en matière de politique étrangère. Je suis d'accord avec M. Sarkozy quand il dit que les 35 heures sont absurdes: tous les pays travaillent plus depuis les années 70 à commencer par les Etats-Unis alors que la France veut travailler moins. Je suis d'accord quand il fustige la retraite à 60 ans prônée par le parti socialiste dans son projet pour l'investiture 2007, car avec les perspectives démographiques que l'on connaît (de moins en moins d'actifs pour une population donnée, augmentation de la durée de vie, etc) il sera impossible de compenser tous les départs en retraite. En revanche ,en ce qui concerne l'immigration, je ne suis pas sûr de l'utilité d'une suppression des régularisations automatiques au bout de 10 ans.
Finalement, peut-on reprocher à Sarkozy d'utliser parfois un propos proche de la démagogie alors que c'est plus ou moins ce que tout le monde fait à l'approche des présidentitelles? A propos d'une certaine fracture sociale....
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