Jeudi 3 août 2006
Nicolas Hulot, animateur et producteur de l'émission télévisée "Ushuaïa", va-t-il jouer les trouble- fête dans les élections présidentielles de l'année prochaine? C'est un entretien accordé au Journal du dimanche du 30 juillet qui lance la polémique et fait remonter au devant de la scène la question de l'écologie dans la campagne présidentielle.Dans cet entretien, N. Hulot affirme qu'il "n'exclut pas d'être candidat" et condamne la classe politique, coupable de "se désintéresser du péril climatique, la plus grande menace qui ait jamais pesé sur l'humanité" et fustige les "écologistes": Faute de privilégier une démarche unitaire, ils sont inaudibles".
Je trouve en tout cas que sa démarche est louable car le débat sur l'écologie n'a été que trop peu considéré lors des dernières présidentielles par le PS ou l'UMP (en fait le RPR). Or, ce thème prend de plus en plus de place d'une part dans le paysage politique et d'autre part dans notre quotidien.
Politiquement d'abord: Ségolène Royal, ancienne ministre de l'environnement de 1992 à 1993 semble vouloir en fair son cheval de bataille dans la campagne si l'on s'en réfère à sa tribune parue dans Le monde du 2 août, où elle dénonce la politique du gouvernement en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. De plus, à droite, rappelons que Chirac a fait tant bien que mal rentré sa charte de l'environnement dans la constitution. D'autre part, on assiste ces dernières semaines à une profusion de possibles candidats pour un programme "écologique": José Bové, Dominique Voynet ou encore Corrine Lepage. Cependant, si Les Verts on longtemps incarné la question de l'environnement, leur ancrage à gauche les emêche de rencontrer un réel soutien de la part de l'opinion publique. Et le scrutin du parti des écologistes quelque peu grotesque qui a vu la désignation de D. Voynet candidate après de longues semaines de tractations suite à la quasi égalités des candidats au second tour n'est pas pour renforcer l'image de ce parti qui ne décolle pas dans les sondages. Pour ce qui est de José Bové, son image demeure à mes yeux trop "monothématique". Il est incontestablement la figure de l'anti-OGM et bénéficie néanmoins d'une certaine popularité car il incarne l'authenticité et la conformité de ce qu'il dit avec ce qu'il fait. Mais il n'y a pas que les OGM dans la question de l'écologie, et c'est bien là que J. Bové pourrait être en retard par rapport aux autres candidats. Si l'on ajoute à cela le fait qu'il n'a pas de "réseaux" d'élus ou de fidèles le soutenant, sa candidature risque d'être compromise...Reste Nicolas Hulot qui lui, bénéficie d'une réelle popularité contrairement au parti des Verts. Son côté "people", son silence dans les débats politiques jusqu'alors, son implication dans diverses associations humanitaires en font un candidat "neuf", une bouffée d'oxygène dans un paysage politique qui souffre d'un manque cruel de renouvellement. Alors oui, en recentrant le débat politique sur la question fondamentale de la place de l'écologie dans les programmes des candidats, cette "probable candidature" est bénéfique.
Quotidiennement ensuite. En effet, la place de la protection de l'environnement s'immisce de plus en plus dans la vie de tout les jours. L'augmentation du prix des matières premières et des hydrocarbures ainsi que les campagnes répétées visant à infléchir la consommation y ont contribué, ne serait-ce qu'en regardant la baisse des ventes de véhicule (-6%) en juillet 2006. Les Français semblent faire davantage attention à la consommation d'énergie et le marché semble lui aussi évoluer: multiplication de véhicules limitant la consommation et "plus propres", multiplication des sources d'énergie renouvelable comme l'énergie solaire et les éoliennes...Alors oui, il reste beaucoup à faire en matière d'écologie, mais nous y sommes de plus en plus impliqués. La question de l'état de la planète que nous laisserons à nos petits-enfants commence à émerger, de par les interventions de plusieurs sientifiques renommés comme Hubert Reeves, pour ne citer que lui. Les énergies renouvelables ne sont pas encore assez diversifiées: le développement des carburants moins poluants en France est en retard par rapport à d'autres pays développés voire émergeant, comme le Brésil où presque une voiture sur deux roule avec de l'essence à base de colza.
Mais attention! Tous les candidats vont chercher à récupérer plus ou moins les idées en phase avec la protection de l'environnment. Le risque est que le débat nécessaire pour notre société soit dépossédé au profit de calculs politiques. Il serait catastrophique si le candidat , une fois élu président, abandonnait toutes ses promesses en matière d'écologie...




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