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International

Samedi 29 juillet 2006
Au 17ème jour de la guerre entre le Hezbollah et le Liban, l'opinion de certains pays arabes  vis à vis du combat mené pour le mouvement chiite libanais a quelque peu changée.

Dès les premiers jours du conflit, des pays proches des américains ou à dominante sunnite on pris leur distance avec la capture par le Hezbollah de deux militaires israéliens le 12 juillet, qualifiée d"aventurisme" par L'Arabie Saoudite, la Joranie et L'Egypte. Dans un pays largement dominé par les sunnites et qui est allié des Etats-Unis comme l'Arabie saoudite, prendre position publiquement pour un mouvement chiite considéré comme une organisation terroriste par l'Europe et les Etats-Unis peut poser problème. Mais au fur et à mesure de l'avancée du conflit et des images de plus en plus violentes révélant l'état de destruction du Liban et des centaines de morts parmi la population civile libanaise, les positions des pays arabes environnant semblent bouger. Ce changement est d'autant plus renforcé par la résistance "héroïque" depuis deux semaines du Hezbollah, qui contraint l'armée israélienne à une guerre de guérilla. Cette résistance acharnée menée par son très charismatique leader Hassen Nasrallah semble souder progressivement une partie grandissante des pays arabes derrière cette "guerre contre l'Occident".
Ainsi, le parti d'opposition en Egypte n'hésite pas à comparer Nasrallah à Gamal Abdel Nasser, ancien président d'Egypte et longtemps chef de file du monde arabe et l'Arabie Saoudite prend ses distances vis à vis des Etats-Unis, qui cherchent à retarder la déclaration immédiate d'un cessez le feu. "Si la paix est rejetée à cause de l'arrogance d'Israël, alors il ne restera que la guerre comme option, et personnes ne connaît les répercutions qu'elle aura dans toute la région, y compris une guerre n'exclant personne". A noter que le roi de Jordanie a annoncé l'envoi d'une aide médicale d'urgence aux populations du Liban.
Enfin, même le groupe Al-Quaeda par l'intermédiaire de son numéro deux Ayman al-Zawahri a pris position publiquement en faveur du Hezbollah en arguant du fait que le combat mené en Irak était sensiblement le même de celui mené en Palestine. On peut dès lors s'interroger sur cette tentative de récupération du succès que connaît en ce moment Nasrallah par une nébuleuse dominée par des sunnites.

Il apparaît donc que ce conflit, loin de séparer les différentes communautés musulmanes du monde arabe, soude sunnites et chiites derrière le même combat contre Israël qui semble de plus déjà avoir perdu la bataille de l'image suite au carnage de Quana.
Par Ramico
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Mardi 1 août 2006

Le conseil de sécurité de l'ONU s'est finalement mis d'accord lundi 31 juillet sur le délai d'un mois accordé à Téhéran pour qu'il suspende son programme nucléaire, faute de quoi des sanctions pourraient être appliquées.
La résolution parainée par la France et la Grande-Bretagne et l'Allemagne a été adoptée par 14 voies contre 1, celle du Qatar. Le fait nouveau est que le conseil, en vertu de l'article 41du chapitre 7, pourra "adopter des mesures appropriées pour persuader l'Iran de se conformer à la résolution". Ces mesures ne concernent pas l'utlisation de la force armée mais touchent à de possibles mesures coercitives économiques comme la limitation des importations d'Iran. Ces décisions devront toutefois être soumises au préalable à un nouveau vote du conseil. De son côté, l'Iran maintient sa décision pour le 22 août.

La crise nucléaire iranienne remonte à la découverte à Natanz d'un site d'enrichissement d'uranium. Une médiation a alors été mise en place entre l'Iran et "l'UE 3", comprenant la France, la Grande Bretagne et l'Allemagne. En août 2005, l'Iran suspendait ses relations pour briser les scellés de plusieurs centres de recherche nucléaire en janvier 2006. Le dossier avait ensuite été transmis en mars de l'AIEA au conseil de l'ONU. Tout au long des pourparlers entre l'Iran et le quartet (UE, Etats-Unis, Russie, Chine), la Russie et la Chine avaient tout fait pour éviter des sanctions à l'encontre de Téhéran. Finalemenmt, ils s'y sont finalement ralliés ce lundi.

Pourquoi cette obstination? D'une part, ces pays entretiennent des relations économiques avec la république islamique: par exemple la Russie vend des armes à l'Iran et construit un réacteur à eau lourde à Busher. D'autre part, L'Iran est un des producteurs de pétrole les plus importants au monde et les pays "occidentaux" pourraient craindre une éventuelle hausse des prix du pétrole décidée par le régime des mollahs en réponse à d'éventuelles sanctions. Enfin, L'Iran est un pays majeur du Moyen-Orient et peut être une source de déstabilisation de la zone qui est déjà le théâtre d'affrontement entre Israël et le Liban. De par son lien avec la Syrie et le Hezbollah au Liban, L'Iran est un acteur incontournable du Moyen-Orient et on ne peut pas faire comme si il n'existait pas.

Pour ce qui est de la volonté affichée haut et fort par Téhéran de d'utiliser la technologie du nucléaire à des fins civiles, le débat est posé. Je vous invite à y prendre parti avec vos commentaires. D'un côté, avec Israël, le Pakistan et la Corée du Nord détenteurs de l'arme  nucléaire et n'ayant pas ratifié le TNP (Traité de Non Prolifération nucléaire), la requête de Téhéran peut sembler légitime. Cependant, l'Iran a à sa tête M. Amadinejad, un islamiste ultra-conservateur et qui affiche sans ambiguïté ses prétentions en politique étrangère en voulant "rayer Israël de la carte". On peut alors craindre à juste titre l'utilisation que ferait l'Iran de l'arme atomique...

Par Ramico
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Vendredi 4 août 2006
Des habitants de Bint Jbeil fuient leurs habitations détruites.


Au 23ème jour de la guerre entre Tsahal et le mouvement chiite armé Hezbollah, le conflit ne semble toujours pas sur le point d'aboutir à un cessez-le-feu, même si un échange de prisonniers a été évoqué. En tout état de cause, l'objectif initial de l'armée israélienne qui était de récupérer les deux soldats capturés par le Hezbollah semble s'effacer au profit d'un autre selon des diplomates israéliens: Faire en sorte que le Hezbollah ait une image de vaincu. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'armée israélienne en est encore loin car dans la guerre d'images qui se livre en parallalèle à la guerre "réelle", elle semble avoir perdu l'avantage depuis quelques jours.


D'un côté, le Hezbollah semble renforcé dans l'opinion du monde arabo-musulman: les quelques réticences de certains pays lors de la capture des deux soldats ont été balayées en deux semaines par l'émotion que suscite la résistance acharnée du mouvement radical et les pertes infligées par Tsahal. Premièrement, cet incontestablement les images de destruction d'infrastructures -ponts, routes, aéroports, hopitaux, habitations...- et des pertes civiles qui influent le plus sur l'opinion publique: la vue continuelle de cadavres humains sortis des décombres, de femmes en pleurs maudissant Israël et de l'état de destruction du Liban est exacerbée par l'impression que Tsahal semble autant vouloir détruire le pays du cèdre qu'éradiquer le Hezbollah. Deuxièmement, la résistance acharnée de ce dernier, les pertes qu'il inflige à l'armée israélienne -notamment à Bint Jbeil où après avoir un peu rapidement proclamé la prise de ce bastion du mouvement chiite, Tsahal a essuyé de lourdes pertes et a été contraint de se replier provisoirement- légitiment la "résistance" du Hezbollah et sa popularité dans le monde arabo-musulman. Car ce combat s'est mû en un moyen de rassemblement des pays musulmans derrière le Hezbollah qui livre une guerre à l'"Occident". Ainsi, On n'a jamais autant vu de portrait de Hassan Nasrallah brandits dans les rues que depuis le conflit au Liban. Enfin, toutes ces idées sont récupéréeset amplifiées par le Hezbollah pour contribuer à renforcer l'image qu'il dégage dans la bataille: Al-Manar, télévision du mouvement radical chiite diffusée dans la majeure partie du proche-orient et pendant un temps diffusée en France, est devenue une véritable "machine de guerre"  et le symbole dans tout le monde arabo-musulman de sa lutte. Alors que des chaines comme Al-Jazeera ou Al-Arabyia s'efforcent de traiter le conflit d'une manière neutre, Al-Manar se livre véritablement à une opération de propagande: elle multiplie les images choc -cadavres civils libanais, "prises de guerres" comme le matériel pris a des soldats israéliens...- n'hésitant pas à superposer à cela les images du triste massacre de Sabra et Chatila perpétrée par l'armée israélienne...En revanche, aucune image des pertes civiles israéliennes dues aux tirs des Katiouchas, les principales roqettes du Hezbollah.
De l'autre côté, Israël aussi s'efforce de gagner la bataille de l'image: on a vu les tracts distribués par l'armée israélienne dépeignant Nasrallah en serpent et le décrivant commen un menteur. Plus récemment, elle se livre à des opérations de piratage de la télévision d'Al-Manar et des radios FM du Liban. Ainsi, selon l'AFP, en plein journal télévisé du mardi 1er août, on a pu voir des photos de cadavres gisant sur le dos, avec comme sous-titre: "C'est la photo du cadavre d'un membre des forces spéciales du Hezbollah". Puis "Nasrallah ment. Ce n'est pas nous qui cachons nos pertes". Et aussi:"Il existe un grand  nombre de cadavre de ce genre sur le terrain. Nasrallah vous cache la vérité." D'autre part, l'image donnée par Israël est vraiment mauvaise depuis le massacre de Cana où près de 50 civils sont morts. Cette bavure, qui n'est pas la première, attise la haine des pays musulmans envers Israël et contribue fortement à détériorer son image à travers le monde. Enfin, des opérateurs israéliens envoient des SMS et des message enregistrés sur des téléphones portables libanais pour relayer cette même propagande de guerre. Ainsi, plus qu'une simple guerre d'image, il s'agit aussi d'une guerre psychologique.

Ce conflit a déjà causé trop de pertes et de ravages. Il est difficile de prédire un quelconque "gagnant". Cependant, dans la guerre des images qui se déroule en parallèle, le Hezbollah a pris l'avantage.

Par Ramico
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Dimanche 6 août 2006



Alors que la France et les Etats-Unis s’étaient mis d’accord samedi sur un projet de résolution du conflit au Proche-Orient qui appelle Israël et le Liban « à soutenir un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme », ce dernier a fait savoir qu’il le rejetait par l’intermédiaire du président du parlement libanais, le chiite Nabih Berrih.

Ce projet de résolution demande « une cessation complète des hostilités » entre les deux belligérants,  appelle au « strict respect par tous de la souveraineté et de l’intégrité territoriale d’Israël et du Liban », propose un échange de prisonniers entre les deux parties et prévoit par ailleurs le « déploiement d’une force internationale au Liban ». Ce projet devrait être adopté lundi ou mardi à l’ONU.

Beyrouth justifie son rejet par le fait que le projet de résolution n’appelle pas au retrait des forces israéliennes au-delà de la ligne bleue tracée par l’ONU et qui sert de frontière entre les deux pays. De plus, le Liban souhaitait un simple renforcement de la Finul plutôt qu’un déploiement d’une force internationale, et veut régler le contentieux des fermes de Cheeba (voir encadré). Pour Nabih Berrih, tout projet de résolution doit respecter le plan des sept points adopté le mois dernier par l’ensemble des membres du gouvernement libanais, y compris les ministres du Hezbollah. "Le Liban et tout le Liban rejettent toute résolution sortant du cadre de ces sept points", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Du côté israélien, le projet est accueilli avec circonspection, le chef du gouvernement Ehoud Olmert ayant demandé à ses ministres de ne pas se prononcer publiquement dessus. Ce qui n’a pas emêché le vice-premier ministre israélien Shimon Peres de déclarer que « tout cela n’est pas une affaire de jours, mais de semaines ».

Ainsi, il semblerait que la guerre continue et c'est regrettable car la France et les Etats-Unis avient réussi à surmonter leurs diivergences sur le conflit, la France demandant un accord politique avant tout cessez-le-feu (cf le "plan Chirac"). La Syrie et l'Iran ont déjà fait savoir leur désapprobation. Le secrétaire général de la Ligue arabe dont une réunion extraordinaire se tiendra  à Beyrouth lundi a exprimé lui aussi publiquement son oppostion tandis que Damas estime que ce texte "mène tout droit à la guerre". Il est pourtant urgent que le cessez-le-feu aie lieu, sans quoi le Proche-Orient risquerait un embrasement général. Et la Syrie agite la menace d'une guerre régionale...



 



Voici le plan en sept points. Ce texte demande « un cessez-le-feu immédiat et une déclaration d'accord sur les points suivants » :

 1- un engagement à relâcher les prisonniers libanais et israéliens par le canal du Comité international de la Croix-Rouge.

 2- le retrait de l'armée israélienne derrière la ligne « bleue » (tracée par l'ONU entre le Liban et Israël) et le retour des déplacés dans leurs villages.

 3- un engagement du Conseil de sécurité à placer le secteur des fermes de Chebaa sous juridiction des Nations unies.

 4- le déploiement de l'autorité du gouvernement libanais sur son territoire au moyen de ses propres forces armées légitimes.

 5- le renforcement des forces internationales des Nations unies opérant dans le sud du Liban en nombre, équipements, mandat et périmètre d'opérations autant que nécessaire pour entreprendre le travail humanitaire urgent et les opérations de secours.

 6- l'engagement des Nations-Unies à mettre en œuvre l'accord d'armistice signé par le Liban et Israël en 1949.

 7- la communauté internationale s'engage à soutenir le Liban à tous les niveaux et à l'aider à supporter l'immense fardeau résultant de la tragédie humaine, sociale et économique qui l'a frappé.

 

 

Par Ramico
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